Des licenciements chez Peugeot
Le garage est touché par deux suppressions de postes. D'autres ne sont pas exclues dans les mois à venir
La vingtaine d'employés du site était en grève hier matin. (photo A.B)
Hier matin, les salariés du site Peugeot de Bergerac se sont réunis devant l'entreprise pour protester contre la procédure de licenciement en cours à l'encontre de Yannick Albucher, carrossier et délégué du personnel. Cela faisait des mois que la procédure avait commencé et la direction a confirmé hier son intention de le licencier, « pour raisons économiques ».
Le directeur du site, Jean-Pierre Bourdil, a dressé un bilan sur cette première réduction d'effectifs : « Un plan de licenciement est mis en place depuis plusieurs mois sur Périgueux et Bergerac. Un premier licenciement a eu lieu il y a quinze jours en la personne de Pascale Creneguy, secrétaire administrative. Pour le second licenciement prévu, il y a eu des vices de forme et le dossier doit repasser devant l'Inspection du travail. Après, si on me demande s'il y aura d'autres procédures, je ne peux pas l'exclure. »
Primes de participation
Du côté du personnel, on ne se fait guère d'illusion sur les vraies raisons de ce licenciement. Pascale Creneguy, la secrétaire administrative licenciée il y a quinze jours, pense que ces réductions d'effectifs ne sont absolument pas justifiées : « Au mois de mai, le personnel a reçu des primes de participation aux bénéfices et le mois précédent, ils avaient reçu des primes d'intéressement. Si l'entreprise connaissait vraiment des difficultés, le versement de ces primes n'aurait pas eu lieu. La véritable raison, c'est notre engagement syndical pour l'obtention d'un 13e mois, comme cela a toujours été le cas et comme c'est même précisé sur le contrat de certains employés. »
Pas d'écroulement de vente
Jean-Pierre Bourdil a confirmé qu'il existait bien une procédure prud'homale pour les primes de fin d'année et l'absence d'automatisation de l'attribution d'un 13e mois : « La conjoncture est vraiment mauvaise. Les ventes de voitures ne se sont pas écroulées, grâce aux aides de l'État, mais le premier semestre 2009 n'est vraiment pas bon. Le directeur du site a tenu à préciser que ce plan économique, ce n'est pas qu'une réduction des effectifs. On réduit les frais au maximum, on supprime les heures supplémentaires, la direction limite ses rémunérations et les stocks ont baissé... »
Pour le cas de Yannick Albucher, c'est désormais à l'Inspection du travail de trancher à nouveau, après avoir adressé à la direction de Peugeot deux refus de licenciement successifs.