Problématique du jours la médiatisation des conflits, risque ou pas???

Publié le par pcf1920

Le risque un de ces jours certaines usines nous pètent à la gueule... pourquoi pas??? Le passage à l'acte ne se fera que lorsuqe les gens n'auront plus rien à perdre... mais l'essentiel reste la lutte, la médiatisation est un plus surtout à notre époque...
En tout cas selon moi la problématique n'est pas là , ou du moins ce n'est pas la plus importante; En effet qui osera nous dire que cela n'était pas prévisible sur du long terme, qui c'est voilé la face  en exerçant le chantage à l'emploi?
En fin de compte seul l'humain paie cher les dérives d'un système ou même l'argent est devenu la valeur phare bien plus que celui qui génère cette richesse.
De quelles sommes parlons nous... astronomiques pour certains, gastronomiques pour quelques autres qui en délocalisant pourront polluer plus pour gagner plus...
Et nous tant qu'il nous restera un bout de carotte nous ne dirons rien car si on le perd on crève mais au fonds de nous, nous savons que nous le perdrons tout de même...
Jusqu'à quand devrons nous faire ce jeu de dupe avec des Firmes multinationales qui ont déjà dans leur buget préalable une somme globale attribuales en cas de fermetures programmées de sites???

Lisez donc cet article du monde... concernant les NEW Fabbris: l'analyse concernant les syndicats y est plus pertinente voire plus réaliste...


Les salariés de l'équipementier automobile New Fabris à Chatellerault (Vienne) ont voté, vendredi 31 juillet, la fin du conflit, et ont renoncé à mettre à exécution la menace de faire exploser leur entreprise avec des bonbonnes de gaz. Confrontés à des fermetures de sites et à des licenciements, ceux de Nortel à Châteaufort (Yvelines) ont exercé une pression identique auprès de la direction, tandis que des cadres de Michelin ont été séquestrés à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire).

Coauteur de La Lutte continue ? Les conflits du travail dans la France contemporaine (éd. du Croquant, 2008), Jérôme Pélisse, sociologue, maître de conférences à l'université de Reims, considère que ces actions sont un moyen, pour les salariés, de "produire" du spectaculaire pour qu'on parle d'eux.

Risque-t-on d'assister à la recrudescence de conflits durs, "désespérés" ?
Les possibilités de dérapage existent toujours, mais elles sont à nuancer du fait des cadres collectifs qui semblent prédominants dans ces luttes. Cela dit, il existe des différences dans ces conflits. Concernant les New Fabris, on peut parler en effet de conflit "désespéré". Là, les salariés ont manifestement intégré qu'ils auraient beaucoup de mal à retrouver un emploi. C'est aussi un conflit de la dignité, car ils réclament la même chose que ce que les collègues d'une autre entreprise sous-traitante de l'automobile, Rencast, appartenant au même groupe qu'eux, ont obtenu. Ils ne comprennent pas pourquoi il y aurait "deux poids, deux mesures".

Chez Nortel, ce n'est pas exactement la même chose. Les cadres et salariés de l'entreprise sont en région parisienne, et auront probablement plus de chances de retrouver un emploi que les New Fabris à Châtellerault. Et ce n'est qu'après les échos de la presse relatant l'exemple des New Fabris qu'ils ont décidé de mettre en scène une menace similaire pour attirer l'attention des médias et obtenir la tenue d'une réunion.

Le rôle des médias est important ?
Oui. Dans les deux séquences d'actions et de séquestrations de mars-avril et depuis dix jours, les médias ont joué un rôle très important. Les salariés les instrumentalisent afin de modifier le rapport de forces. Ils ont compris qu'il fallait du spectaculaire pour qu'on parle d'eux. Ce qui n'est pas nouveau, si on se rappelle la lutte des Cellatex en 2000 dans les Ardennes.

Les représentants syndicaux sont présents dans ces luttes, mais les confédérations sont discrètes. Sont-elles débordées ?
Manifestement, les confédérations renvoient sur les fédérations professionnelles, et semblent mal à l'aise. Les délégués syndicaux, les représentants du personnel sont présents dans ces conflits, et tentent de contrôler la situation.

Au niveau national, les syndicats sont mal à l'aise, parce qu'en revendiquant des primes de licenciement, extralégales, plus importantes, les salariés vont à l'encontre de ce que les syndicats prônent traditionnellement : la sauvegarde des emplois, le reclassement. Dans le même temps, ils ne peuvent pas condamner ces revendications, plutôt réalistes et soutenues par leurs délégués sur le terrain.

Dans ces conflits, les salariés disent :"Si les patrons veulent fermer la boîte, qu'ils le fassent mais qu'ils payent un maximum." Ils ont intégré que l'emploi était perdu, et ils veulent s'assurer pour un avenir incertain. En clair, ils veulent des sous pour vivre, et pas des grands discours sur le reclassement ou la formation professionnelle. Pour eux, ces injonctions au changement invalident leur expérience professionnelle, nient la qualité de leur travail, et même, pour certains, leur raison d'être.

Ces conflits sont isolés. Peuvent-ils trouver des relais dans les actions prônées par l'intersyndicale qui réunit les huit grandes organisations de salariés ?
Ce type de conflit est par nature local, réactif. Les salariés sont dos au mur, ils n'ont aucune perspective et ne se posent pas la question de modifier la politique économique du gouvernement, l'un des objectifs de l'intersyndicale. Celle-ci s'est heurtée à un mur, et n'a pas réussi à infléchir la politique du gouvernement. Peut-être les syndicats n'ont-ils pas assez montré leurs muscles ? Ils ont réussi d'énormes manifestations, mais les ont tellement espacées qu'ils n'ont pas entretenu l'espérance d'une modification de la situation. Comment inverser la tendance ? C'est la question que doivent résoudre les syndicats, en offrant des perspectives collectives, en proposant un autre mode de développement économique.

Le discours sur la "bonne santé du dialogue social" est-il pertinent ?
On n'arrête pas de mettre en scène un dialogue social idéalisé, où le conflit ne s'exprimerait pas. Or conflit et négociation ne sont pas forcément antagonistes, et la plupart des luttes actuelles visent justement à obtenir de nouvelles négociations. Il est illusoire de prôner, en toutes circonstances, le dialogue à froid, en niant l'existence de rapports de force. Devant tant de licenciements, il serait plus inquiétant que personne ne proteste.

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Publié dans emplois-licenciements

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