News Fabris : des indemnités à 28 500 euros, mais pas pour tous

Publié le par pcf1920

Les salariés de l'usine New Fabris de Châtellerault, qui avaient rangé leurs bonbonnes de gaz avant la rencontre avec le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, auraient finalement eu gain de cause.

« Conformément à mon engagement, j'ai fait pression et engagé une discussion avec les constructeurs automobiles PSA et Renault (...) et on a réussi à ce qu'ils reprennent quatre millions d’euros de stocks et d'outillage et ces quatre millions, j'ai souhaité qu'ils reviennent intégralement aux salariés parce que cela leur est dû », selon le ministre.

Christian Estrosi a expliqué que les salariés de New Fabris toucheraient « 17 500 euros de prime légale, plus 11 000 euros, cela fait 28 500 euros en moyenne », en totalisant primes légales et aide des constructeurs Renault et PSA. Selon le ministre, « deux-tiers des salariés de New Fabris (236 sur 366) ont déjà signé le contrat de transition professionnelle. 95 % de leur salaire garanti pendant un an et une prime de 17 500 euros ». Il a toutefois répété que « l'ultimatum du 30 juillet reste tout à fait inacceptable ».

Pour Guy Eyermann, délégué CGT apporte un bémol à ces déclarations : « Ces chiffres sont faux. C’est vrai pour la personne qui a plus de trente ans d'ancienneté. Ce qui représente à peu près 20 % des salariés. Mais ma plupart vont partir, ceux qui ont 8, 9 ou 10 ans d’ancienneté, avec une somme de 3 000, 3 300, 3 500 ou 4 000 euros ».

Luisa Manzella

Suivez cet historique et voyez ce qui vous attend peut-être d'ici quelques mois car si bis répétitas diem perditi...


L’histoire d’une fermeture annoncée

2007

1 août : New Fabris, 413 personnes et propriété du groupe Euralcom, est placée en liquidation judiciaire
25 octobre : Le groupe italien Zen rachète l'usine. 36 postes supprimés par des licenciements et des départs volontaires.

2008
5 septembre : 3 jours de chômage par mois à cause d'une baisse des commandes.
26 novembre : Zen déclare New Fabris en cessation de paiement.
28 novembre : New Fabris placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon. Zen doit présenter un plan de continuation.

2009
5 février : La direction annonce entre 202 et 226 licenciements. Sous la pression des salariés, le plan est suspendu.
10 mars : Le tribunal de commerce de Lyon ouvre un plan de cession de l'équipementier.
5 juin : Renault et PSA annoncent ne sont plus intéressés par l'usine.
16 juin : Le tribunal de commerce de Lyon décide la cessation des activités et la liquidation judiciaire. Les salariés se mettent à occuper l'usine.
12 juillet : Les salariés lancent un ultimatum : ils menacent de faire sauter l'usine en cas de non-versement d'une indemnité de 30 000 euros par employés.
13 juillet : Un rendez-vous fixé au 20 juillet avec le ministre de l'industrie Christian Estrosi sera annulé par le ministre lui-même refusant de discuter sous la menace.
16 juillet : Les salariés se rendent à Boulogne-Billancourt pour réclamer 15 000 euros par personne auprès de Renault mais ils n'en obtiendront que 3 300. Les salariés présents refusent l’offre et durcissent le ton.
17 juillet : Les salariés brûlent une machine de travail pour exprimer leur profond désaccord.
20 juillet : Les salariés votent en assemblée générale le retrait des bouteilles de gaz.
22 juillet : Rencontre entre représentants des salariés et Christian Estrosi. La CGT se dit déçue par les propositions. Le ministre offre un total de 28 500 euros par employé et un contrat de transition professionnelle. 236 des 366 salariés ont signé ce contrat.
23 juillet : Le salariés maintiennent l'ultimatum, mais sans les bonbonnes de gaz, et appellent à une grande manifestation le 30 juillet. Christian Estrosi condamne le maintien de cette position.
24 juillet : Christian Estrosi annonce le chiffre de 28 500 euros « en moyenne ». Ce n’est pas l’avis de Guy Eyermann, délégué CGT. 
 

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Publié dans emplois-licenciements

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