À l'usine, pendant la crise, on forme les salariés

Publié le par pcf1920

mardi 28 juillet 2009
La filière automobile, qui irrigue toute l'industrie bretonne, s'attend au pire. Pour éviter les licenciements,elle fait le pari de la formation. Exemple chez Cabreta, près de Rennes.

L'outil industriel est flambant neuf. Fraîchement peintes, déjà sèches, les bennes de camions défilent lentement sous le pont tournant. Pierre Denis, directeur général de Cabreta, est fier de cette nouvelle ligne de production. « Cinq millions d'euros investis l'an dernier... juste avant la crise. » La belle chaîne, sur 2 400 m2, tourne depuis au ralenti, à la moitié de sa capacité de production...

Les très nombreux sous-traitants de l'automobile sont frappés de plein fouet par la crise. Cabreta, 79 salariés, dont 69 à Bréal-sous-Montfort (Ille-et-Vilaine), en est l'exemple type. Leader français (40 % du marché) des bennes pour camions utilitaires de 3,5 t (Renault, Renault Trucks, Mercedes et carrossiers), l'entreprise a vu son chiffre d'affaires (vingt millions d'euros) s'effondrer « du jour au lendemain ! » En novembre dernier, l'usine battait encore tous ses records de production (7 000 bennes par an). Mais « mi-décembre, l'activité avait chuté de 50 % ».

« On allait perdre de l'argent »

Une gifle dramatique. Immédiatement, Cabreta taille dans l'intérim : « Cinquante et un postes supprimés avant Noël. » Mais c'est insuffisant. « Pour la première fois de l'histoire de l'entreprise, on allait perdre de l'argent. » Pierre Denis se tourne alors vers les dispositifs régionaux, dont Oséo, où il trouve un soutien sans faille : « On a été très épaulés. » Fin mars, les problèmes financiers étaient réglés.

Grâce à l'utilisation des congés et des RTT, « jusqu'à présent, on a pu éviter le recours au chômage partiel ». Beaucoup plus original, Cabreta saisit au bond la balle lancée conjointement par l'Union des industries et métiers de la métallurgie, la Région (15 millions d'euros) et l'État (6,6 millions) pour éviter les licenciements et former les salariés bretons de l'automobile (24 000 au total). Pendant cette période de faible activité, 7 500 d'entre eux vont ainsi bénéficier d'une formation.

Chez Cabreta, c'est Christelle Gauvin qui a tout pris en main : « On va profiter de cette sous-activité pour former tous les salariés. » Car, dans cette PME, la plupart des ouvriers, sans qualification, se sont formés « sur le tas ». Le budget de l'opération s'élève à 280 000 €. Une centaine d'heures seront effectuées par salarié entre l'automne 2009 et le printemps 2010. « Nous allons valoriser leurs acquis professionnels, par de vrais diplômes et certificats de qualification. »

>> Se renseigner sur la valorisation des acquis professionnels

« Nous avons fait le pari du rebond », complète Pierre Denis qui a voulu « maintenir le plus raisonnablement possible » ses effectifs. Mieux, il vient même d'embaucher une ingénieure de 31 ans, sortant de PSA, pour remettre à plat les processus de fabrication.

Avec tout ça, quand la reprise sera là, espère-t-il, « l'entreprise sera encore plus performante ».
Christophe VIOLETTE, Ouest-France
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Publié dans emplois-licenciements

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