RESF communiqué (1)
Maintenant parole est donnée à RESF, au pays des doigts de l'homme
Aujourd’hui, nous, jeunes majeurs sans-papiers,
n’avons pas droit à l’égalité avec les autres jeunes de France :
Pas le droit de choisir sa vie : nos parents ont choisi pour nous, puis à 18 ans des lois injustes décident pour nous.
Pas droit à la dignité, pourtant nous ne sommes coupables de rien.
Pas le droit au respect, nous sommes méprisés, rejetés
Pas le droit d’exister, ni en classe, ni avec les copains, même dans la communauté : nous devons cacher notre situation.
Pas le droit de circuler librement : ni ici, ni pour retourner au pays voir des proches.
Pas le droit à la formation en alternance, à l’apprentissage.
Pas le droit de travailler pour être autonome.
Pas le droit d’aimer : c’est toujours suspect !
Pas le droit à un avenir.
Pas le droit d’exister.
Nous avons des devoirs énormes: nous devons toujours « en faire plus » :
Devoir se justifier sans arrêt, alors que nous ne sommes coupables de rien.
Devoir s’intégrer, mais comment faire sans avoir le droit de circuler ou de travailler ?
Devoir continuer les études, sinon on risque encore plus d’être expulsé.
Devoir réussir à l’école, malgré la solitude, les soucis, la peur d’être arrêté, enfermé, renvoyé… Tout ça pour être dans une impasse à 20 ans.
Devoir se surpasser, être irréprochable, sinon « tu dégages ».
Devoir tenir le coup malgré les traumatismes, le rejet, les déceptions, la peur : pas le choix…
Devoir résister aux risques d’enrôlement : mariage forcé, sectes religieuses, mouvements extrémistes, criminalité, drogue …
Devoir comprendre tout ça, si jeune.
Nous demandons :
Le droit à la dignité
Le droit au respect
Le droit à l’espoir
Le droit à un avenir
Le droit à la liberté
Le droit de circuler sans peur là ou on vit
Le droit d’aller voir nos proches au pays
Le droit de faire les études que l’on souhaite
Le droit de réussir
Le droit de gagner sa vie, de travailler
Le droit d’aimer
Le droit de ne pas renoncer à ses racines
Le droit à vivre, et non à survivre
Le droit d’exister
Il faut changer le regard qu’on porte sur nous.
Nous demandons que la loi soit changée,
car elle est injuste.