RESF communiqué (1)

Publié le par pcf1920


Maintenant parole est donnée à RESF, au pays des doigts de l'homme


Aujourd’hui, nous, jeunes majeurs sans-papiers,

n’avons pas droit à  l’égalité avec les autres jeunes de France :

 

Pas le droit de choisir  sa  vie : nos parents ont choisi pour nous, puis  à 18 ans des  lois  injustes décident pour nous.

Pas droit à la dignité, pourtant nous ne sommes coupables de rien.

Pas le droit au  respect, nous sommes méprisés, rejetés

Pas le droit d’exister,  ni en classe, ni avec les copains, même dans la communauté : nous devons cacher notre situation.

Pas le droit de circuler librement : ni ici,  ni pour retourner au pays voir des proches.

Pas le droit à la formation en alternance, à l’apprentissage.

Pas le droit de  travailler pour être autonome.

Pas le droit d’aimer : c’est toujours suspect !

Pas le droit à un avenir.

Pas le droit d’exister.

 

Nous avons des devoirs énormes: nous devons toujours « en faire plus » :

 

Devoir se justifier sans arrêt, alors que nous ne sommes coupables de rien.

Devoir s’intégrer, mais comment faire sans avoir le droit de circuler ou de travailler ?

Devoir continuer les études, sinon on risque encore plus d’être expulsé.

Devoir réussir à l’école, malgré la solitude, les soucis, la peur d’être arrêté, enfermé, renvoyé… Tout ça pour être dans une impasse à 20 ans.

Devoir se surpasser, être irréprochable, sinon « tu dégages ».

Devoir tenir le coup malgré les traumatismes, le rejet, les déceptions, la peur : pas le choix…

Devoir résister aux risques d’enrôlement : mariage forcé, sectes religieuses, mouvements extrémistes, criminalité, drogue …

Devoir comprendre tout ça, si jeune.

 

Nous demandons :

Le droit à la dignité

Le droit au respect

Le droit à l’espoir

Le droit à un avenir

Le droit à la liberté

Le droit de circuler sans peur là ou on vit

Le droit d’aller voir nos proches au pays

Le droit de faire les études que l’on souhaite

Le droit de réussir

Le droit de gagner sa vie, de travailler

Le droit d’aimer

Le droit de ne pas renoncer à ses racines

Le droit à vivre, et non à survivre

Le droit d’exister

 

Il faut changer le regard qu’on porte sur nous.

Nous demandons que la loi soit changée,

car elle est injuste.

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