le patronat ne doute plus de rien...Humiliation et foutage de gueule

Publié le par pcf1920



parce que cela devient grave , parce que maintenant les choses empirent (rien à voir avec l'empereur), parcequ'il faut réagir à chaque injustice, je vais essayer de vous mettre au courant (si possible en haute tension) des licenciements de l'hexagone et plus si affinité. Enfin  lisez ceci, c'est juste comment dire... I.N.T.O.LE.R.A.B.L.E. !


Tarn: proposition de reclassement en Inde pour une salaire mensuel de 69 euros

Un reclassement à Bangalore en Inde pour un salaire mensuel de 69 euros, incluant un travail de huit heures par jour, six jours sur sept, a été proposé à neuf salariés d'une entreprise de textile située à Castres (Tarn), selon la section locale de la CGT qui proteste contre cette proposition, y voyant "une dissimulation des licenciements secs".

"Lors d'un entretien avec la direction, on m'a dit voilà: vous faites partie du plan de licenciement", a expliqué sur France Info Véronique Jacobé, l'une des neuf salariés concernés par cette mesure de reclassement en Inde proposée par la direction de l'entreprise de textile Carreman située à Castres.

"Et la direction m'a fait une proposition de reclassement, un CDI en Inde pour un salaire mensuel de 69 euros", a-t-elle ajouté, précisant que cette mesure était "inadmissible". "J'étais effondrée. On ne s'attend pas à partir", a-t-elle poursuivi. "C'est une humiliation. J'ai l'impression d'être une moins que rien", a ajouté Véronique Jacobé.

La section locale de la CGT a estimé que cette mesure était "inadmissible". "Nous avons trouvé cette mesure tellement ignoble que nous avons placé cette affaire sur la place publique", a expliqué à l'Associated Press Edmond Andreu, secrétaire général adjoint CGT de l'union locale de Castres. "Il s'agit d'une dissimulation des licenciements secs", a-t-il ajouté, précisant que les salariés devaient donner leur réponse la semaine prochaine. "S'ils refusent, et ils vont refuser, c'est le licenciement", a souligné M. Andreu.

Ce reclassement à Bangalore en Inde, proposé début mai par la direction de Carreman, inclut une durée moyenne de travail de 8 heures par jour, six jours sur sept et est assorti d'un 13e mois et d'une assurance médicale, selon la CGT. AP.

Et c'est pas fini: voici le témoignage direct de la personne concernée:

Castres. Emploi en Inde : elle se sent "humiliée"

Véronique Jacobé, employée chez Carreman, est concernée par la proposition de reclassement en Inde. Elle témoigne de sa colère.

On sent encore l'émotion et la colère dans sa voix. Véronique Jacobé fait partie des neuf licenciés du site du Travet à Castres de l'entreprise textile Carreman. Après près de 9 ans de bons et loyaux services, cette Castraise de 44 ans, qui est employée, pour 1 200 € net par mois, comme échantillonneuse afin de préparer les salons et collections, est doublement sous le choc. Car en plus de son licenciement qu'elle trouve injuste, elle est « révoltée » par la proposition faîte par sa direction de la reclasser dans une de ses usines en Inde pour 69 € par mois (voir nos éditions de jeudi et d'hier). Alors que tous ses autres collègues concernés par cette proposition ont peur de s'exprimer à visage découvert, Véronique Jacobé a le courage, elle, de dénoncer publiquement cette proposition « inacceptable ». Entretien.

Comment avez-vous réagi en apprenant votre licenciement ?

J'ai été très choquée. On a d'abord l'impression de ne pas avoir bien fait son travail. Mais avec le recul, on trouve cela injuste. Car je n'ai jamais rechigné au travail. Je n'hésitais pas à faire des heures supplémentaires, à revenir le samedi en cas de besoin. J'ai toujours été là quand on me le demandait. Je ne disais jamais rien, je ne me plaignais jamais. On a le sentiment que notre travail n'est pas reconnu alors que j'avais l'impression de le faire correctement.

Et lorsque vous avez appris cette proposition de reclassement en Inde ?

C'est un peu plus tard quand j'ai lu tous les papiers qu'on m'avait donnés que j'ai vu cette proposition. Je me suis dit que la direction nous prenait pour des imbéciles. Cela voulait dire clairement que les patrons n'avaient aucune intention de nous reclasser et qu'ils voulaient qu'on parte c'est tout, qu'ils s'étaient bien servis de nous et maintenant qu'ils nous jetaient comme des moins que rien.

Avez-vous quand même réfléchi à la possibilité d'aller travailler en Inde ?

On ne peut pas réfléchir à cette proposition. Ma famille est ici, toute ma vie est ici. On ne peut pas dire oui à ce plan, et ils le savent très bien. En même temps, s'il y a des gens qui travaillent pour ce salaire dans d'autres pays, je comprends que la France ait du mal à garder ses emplois.

Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui ?

Je vais me battre jusqu'au bout. Car je me sens humiliée. Habituellement je suis quelqu'un qui ne s'exprime pas, je fais mon travail sans rien dire. Mais là je suis révoltée et en colère parce que ce n'est pas normal et que tout le monde doit le savoir. Gentil, cela ne veut pas dire con. La direction aurait pu essayer de nous proposer autre chose comme reclassement. Cette proposition est inacceptable et cela prouve simplement que nos patrons n'ont aucune considération pour leurs employés.

Vos collègues pensent-ils la même chose ?

Je suis un peu le porte-parole de mes collègues qui ont peur, soit parce qu'ils craignent de ne pas retrouver du travail en s'affichant ainsi, soit parce qu'ils ont peur d'être les prochains concernés par un licenciement.

Vous pensez qu'il y aura d'autres licenciements parmi les 90 salariés actuels à Castres ?

Oui bien sûr. Là il licencie un petit groupe de neuf pour éviter des procédures plus lourdes qu'il faut mettre en place à partir de 10 licenciements. Mais il y aura d'autres groupes de neuf qui vont être virés. Ils nous ont déjà dit qu'ils ne laisseraient qu'une petite cellule ici à Castres.


Carreman avait déjà proposé des reclassements en Roumanie

Ce n'est pas la première fois que le groupe Carreman propose ce genre de reclassement à l'étranger. En juin 2005, une dizaine d'employés d'une de ses filiales dans les Vosges, le tissage Levêque, avaient eux aussi reçu une proposition de reclassement du même genre après avoir appris qu'ils étaient licenciés. Mais là c'est dans l'usine du groupe en Roumanie que les salariés étaient reclassés pour 135 € par mois. Et à l'époque certains salariés de Carreman à Castres s'étaient demandés si cette proposition ne leur serait pas faîtes un jour…

 

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Publié dans emplois-licenciements

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