A votre Santé!!!
Désolé, je suis confus, mais j'avais ommis de vous mettre ceci en temps et en heure, je sens que je vais devoir créer de nouvelles catégories...
COMMISSION REGIONALE SANTE PICARDIE DU 19 FEVRIER 2009
Etaient présents : cf.
Rapport politique :
Les peuples et travailleurs du monde entier vivent depuis quelques mois une crise sociale d’une exceptionnelle gravité. Si de nombreux aspects la distinguent de celle, tragique, de 1929, elle n’en a pas moins les mêmes origines : les contradictions économiques et sociales du capitalisme, et les mêmes dangers.
L’expérience historique nous rappelle, s’il en est besoin, que les crises du capitalisme n’entraînent mécaniquement, ni son effondrement, ni la volonté des travailleurs de mettre en chantier les transformations sociales qui répondent à leurs besoins de justice, de démocratie et de promotion. La responsabilité des militants communistes dans de telles circonstances est grande et la justesse de leurs choix, dépend principalement de la qualité des liens qu’ils contractent avec leur peuple : écouter, élaborer, défendre et proposer.
La Santé doit constituer un terrain privilégié de nos actions, de nos luttes. En effet, la crise du capitalisme aggrave les conditions de vie générale des travailleurs en raison de la baisse de leur pouvoir d’achat et de l’extension du chômage, partiel ou complet, mais elle détériore directement la santé des individus en rendant plus difficile et plus inégalitaire l’accès aux soins et cela, d’une part par l’affaiblissement de la protection sociale et d’autre part par la casse du Service Public de Santé, en premier lieu : l’hôpital public.
Ainsi, la Santé constitue donc un révélateur intolérable des injustices sociales et par conséquent un terrain de lutte que les communistes doivent investir. D’ailleurs, la très légitime importance accordée par tous aux questions de santé, suscitent « naturellement » notre engagement. Si nous sommes loin d’être à la hauteur des enjeux, la conscience de nos responsabilités à cet égard ne cesse de grandir et la présence des militants du Parti sur ce terrain semble assez favorable au développement des luttes dans la Santé.
Le projet de Loi « Hôpital – Patients – Santé – Territoire » défendu par Madame Roselyne BACHELOT constitue l’outil principal destiné à la destruction de notre Service Public de Santé. Cependant, il faut rappeler qu’avant l’arrivée de Nicolas SARKOZY aux affaires, le démantèlement de la Sécurité Sociale et la fragilisation du secteur public en général, ont été largement mis en œuvre, ainsi que l’application par anticipation de la Loi actuellement discutée à l’Assemblée Nationale.
Sur le plan idéologique, les attaques sont permanentes, associant dissimulation, omission et mensonges : « gouffre sans fond » de la Sécurité Sociale, disparition occultée de sa gestion démocratique, thèmes du gâchis, de la surconsommation sanitaire et de la désorganisation des soins, quotidiennement repris par le personnel politique et administratif du Gouvernement…. Sont associés, les flagorneries démagogiques à l’égard des soignants et leur culpabilisation insidieuse et cyniquement médiatisée. Le tout sécuritaire nuit non seulement gravement aux libertés, mais il incite à la dénonciation sans vergogne et obsessionnelle sur les antennes nationales d’infirmières, d’auxiliaires de puériculture, ou pire à la désignation par le Chef de l’Etat des « dangereux criminels schizophrènes ».
Le travail incessant des chantres du « libéralisme » (terminologie « distinguée » pour dissimuler la réalité du capitalisme, jusqu’à sa crise) tente de justifier la baisse continue des cotisations patronales de la Sécurité Sociale et sa fiscalisation (contribution sociale généralisée, loi de programmation de sécurité sociale, ……), fragilisant ainsi l’hôpital public déjà en grande difficulté du fait de la crise du recrutement des soignants : infirmières, sages-femmes et médecins et l’accumulation de leur déficit par le jeu redoutable de la tarification à l’activité (T2A). Tout cela est utilisé pour justifier les fermetures massives, provisoires puis définitives de lits et services hospitaliers, le regroupement- fusion, la disparition de maternités de proximité………
Et pendant cette période, les cliniques privées à but lucratif inondent les actionnaires de leurs bénéfices (400 millions d’euros reversés en 2008 aux actionnaires de la seule Générale de Santé) tout en bénéficiant d’aides, dites de restructuration, de l’Etat. Alors que les hôpitaux sont soumis à de scandaleux plans d’épuration de leurs dettes (plan de remise à l’équilibre budgétaire associant réduction de personnels et de moyens), la démonstration serait ainsi faite que les hôpitaux publics sont déficitaires parce que mal gérés, à l’inverse des cliniques privées à but lucratif qui accumulent les bénéfices. Une telle logique est l’expression la plus cynique de l’économie qui nous gouverne.
Puis, après cette préparation d’artillerie lourde, vient l’offensive générale qui se veut d’ailleurs définitive : la Loi « Hôpital – Patients – Santé – Territoire ».
Cette fois, il s’agit d’achever la destruction de l’hôpital public (psychiatrie comprise). Afin de transformer la Santé en une marchandise, un bien de consommation comme un autre, une source de profit extrêmement juteuse et ne cultivons pas d’illusions, même les soins des plus pauvres intéressent le capital. Il suffit d’en assurer le paiement par la fiscalité (injuste) lorsque mutuelles et assurances privées (autres sources de profit) ne le font pas.
La clé de voûte du dispositif est appelée : « convergence (vocabulaire recherché) publique – privée ». En clair, l’hôpital public va fonctionner avec les mêmes règles comptables que le secteur privé lucratif : il s’agit de dégager des bénéfices !
Et pour l’y aider, la « Gouvernance » (n’est-ce pas charmant ?) va se centraliser, se condenser, cultiver l’esprit d’entreprise et le clientélisme. A la tête des hôpitaux, un directeur-patron issu si possible du secteur privé, maître après Dieu, (Dieu, en l’occurrence le directeur de l’Agence Régionale de Santé, bras armé du ministère) sur son navire. Il choisit tout « son personnel », médical y compris. Il favorise « la concurrence libre et non faussée » entre établissement, entre service, entre les catégories de personnels et les individus eux-mêmes, se livrant s’il le juge utile à la vente de divers produits (pyjamas, couches pour bébé, fleurs et cosmétiques divers) et contracte d’intéressantes coopérations économiques avec le secteur privé (groupe d’intérêt économique, groupe d’intérêt sanitaire, ……) il s’agit bien sûr d’inoculer à tous le goût du profit et de l’échange marchand. Tout cela évidemment à l’abri de tout contrôle démocratique d’amont (et d’aval aussi d’ailleurs) par suppression des conseils d’administration, des hôpitaux des différentes structures de concertation, d’élaboration et de réflexion démocratique, remplacés des « conseils de surveillance » dont il n’est pas très compliqué d’imaginer le peu d’utilité réelle. Au point que le Conseil de l’Ordre des Médecins s’en inquiète ainsi que de nombreux syndicats médicaux habituellement plus conciliants.
Ce projet n’est pas mauvais, il est désastreux ! Notre Président de la République se veut fondateur d’une civilisation nouvelle et c’est bien de cela qu’il s’agit. Une civilisation profondément inégalitaire, « sécuritaire » où les plus faibles seront broyés et la grande majorité brisée par l’abaissement des principes républicains au rang de vieilles badernes, calcifiées sur les façades d’édifices livrés à la curiosité ébahie de « citoyens » auxquels on aura arraché jusqu’à leur citoyenneté.
Prophéties de malheur ? Certes, mais pour les réduire à l’état de mauvais rêves, il nous faut lutter, unir, comprendre, ouvrir grands les yeux, chacun à notre place, élus, membres d’associations et citoyens. Notre parti a pour but de rassembler notre peuple afin de livrer dans les meilleures conditions ces combats. Nous devons aussi nous-mêmes partager nos expériences, faire part de nos pratiques et confronter nos analyses. Il nous faut impérativement animer des commissions santé départementales et régionales. Cette réunion vient à point. Pérennisons cette expérience. L’élu, aussi conscient et expérimenté soit-il, ne peut sans lien militant, déterminer les choix les plus justes dans un Conseil d’Administration ou l’Assemblée d’une Collectivité Territoriale. Il en est de même pour l’animateur associatif et le responsable politique.
En Picardie, région menacée dont l’université est en danger, nombreux sont les hôpitaux de proximité désormais réduits à des structures de soins de moyens et longs séjours, unités de rééducation ou services de gériatrie (Corbie, Hirson, Montdidier, Chaumont-en-Vexin, Pont-Sainte-Maxence,……). Les rapprochements, fusions le plus souvent dissimulées et autres restructurations s’accompagnent constamment de contraintes budgétaires et d’obligations de « plans sociaux », de fermetures de lits et d’encouragements à de contrats public-privé visant à introduire le ver dans le fruit.
C’est évidemment le secteur public qui se privatise, poussé ainsi vers l’économie marchande « libre et non faussée » : seul le profit est créatif, novateur, en dernière analyse facteur de démocratie et de progrès social !
A deux pas des hôpitaux publics déficitaires de Senlis et de Creil, l’Etat soutien le projet lucratif d’une clinique chirurgicale absorbant l’Hôpital Privé de Creil participant au service public hospitalier (PSPH).
A Compiègne, la Clinique Privée Saint-Côme bénéficie de subventions au détriment de l’hôpital public qui n’a pu ainsi pour ressources que d’absorber celui de Noyon. Si l’hôpital de Chauny se réjouit que l’Agence Régionale d’Hospitalisation lui octroie une aide de 50 millions d’euros permettant la construction d’un nouvel hôpital public, nous n’attendrons pas pour voir comment évolue ce dossier.
L’hôpital public de Beauvais, cité comme très bon élève du Sarkozysme éclairé s’apprête, tout en jurant qu’il n’en est rien, à « fusionner » Clermont-de-l’Oise destiné ainsi à devenir une annexe rafraîchie de l’Hôpital Psychiatrique que l’A.R.H. se propose de restaurer à la tronçonneuse.
A Abbeville un traquenard public-privé vient d’être dénoncé par un syndicat du personnel : bravo, pas de progrès pour le service public hospitalier sans mobilisation citoyenne.
Et puis la capitale régionale verrait la disparition de son hôpital Nord au cœur d’un quartier populaire dont les besoins de proximité sanitaires sont considérables. A ce propos, il existe désormais depuis 5 ans une Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux publics des maternités de proximité regroupant environ 180 collectifs locaux : c’est un outil associatif qui mérite notre attention militante. En Picardie, les populations de Clermont et de Creil, largement soutenues par leurs élus et les syndicats des personnels hospitaliers, vont créer des comités de défense et de promotion participant à la coordination nationale. D’ailleurs les 12èmes rencontres nationales des comités de défense des hôpitaux publics auront lieu à Creil les 15, 16 et 17 mai prochains. Tous les militants communistes, élus, responsables fédéraux et régionaux sont appelés à y participer activement et à en faire un temps fort de la mobilisation populaire de promotion du service public de santé.
Voilà un beau chantier en perspective qui doit constituer pour nous un des objectifs principaux de notre action politique.
A suivi un débat mettant en avant :
- la nécessité d’une commission régionale de santé
- les difficultés des élus face aux problèmes de santé dont les multiples aspects apparemment techniques, gênent l’expression politique. En l’absence de lien avec la population, les militants, les travailleurs de la santé, leurs positions peuvent être incomprises et parfois à juste titre,
- l’impératif besoin d’un débat sur l’hôpital Nord d’Amiens,
- une opposition ferme aux applications anticipées et futures de la Loi Bachelot, en particulier du rapport public-privé, aux restructurations aboutissant aux fermetures de services de médecine, chirurgie obstétrique, spécialement dans les petites unités hospitalières de proximité.